VENDREDI 15 NOVEMBRE

                      L’orage n’a pas explosé comme ils disent, simplement une petite pluie qui a duré vingt minutes et nous sommes donc dans une vraie étuve. Imaginez-vous avec des vêtements collés à la peau par la sueur, certes propres mais qui deviennent rapidement très gênants car on a l’impression de se balader avec des vêtements mouillés.


                    Nous quittons l’hôtel avec les colis de Kinsoundi et de Terrinkyo. Cette fois-ci le trajet se fait sans encombre. Nous distribuons à Patrice le chef et à Marcel le président du Cosa les différents contenus sans compter les layettes (tricotées par Jacqueline LEMELIN)et les petits vêtements de bébé que nous donnons directement aux mamans qui ont accouchés la nuit.
Pascal va donner quelques graines données par des patients au jardiner qui a déjà planté les poireaux et les haricots verts. Nous lui fournissons une paire de bottes.


                    Nous faisons le tour du dispensaire qui a retrouvé pas mal de monde.Nous voyons Panoramix maquillée qui répond à nos questions par des « euh , meuh, gnah » et un éclat de rire. Nous faisons mine de comprendre par peur d’avoir un sort !!!!


                  

 

Nous quittons l’endroit pour aller à Terrinkyo à la rencontre de Pascaline. Il y a beaucoup, beaucoup de monde et c’est propre comme jamais. La réputation du centre est désormais faite, les gens préfèrent venir ici que d’aller à l’hôpital. Nous  remettons à Pascaline les colis médicaux et elle est ravie du contenu. Les draps et blouses sont très appréciés, les layettes de Jeanine Rousselet sont distribuées aux mamans ainsi qu‘un petit savon. Pascaline est tendue car  un accouchement se passe mal et elle doit rejoindre les sages femmes. On vient me chercher rapidement et ne trouvant pas la blouse j’enfile un pagne pour rentrer au bloc. La femme a visiblement une hémodynamique précaire (hémorragie ?) faisant des malaises vagaux quand elle est allongé mais le bébé semble bien aller, les contractions n’étant pas trop rapprochées, nous décidons de la référer transférer vers l’hôpital de blanche Gomez qui est une grande maternité. Cette femme est mise sur un fauteuil roulant (pas de brancard), un taxi est appelé et une sage femme l’accompagne avec le mari. Tout cela semble normal mais fait avec une précipitation absolument déroutante mais habituelle pour les quelques accouchements qui se passent mal. Je suis abasourdi quand nous retrouvons le cathéter par terre dehors une fois que le taxi a démarré en trombe. La précipitation et l’affolement  sans doute, cette pauvre femme,très jeune est partie avec la perfusion arrachée Je vous fais ce récit pour vous faire comprendre qu’ici rien n’est gagné quand une urgence ou un imprévu arrive. Je demanderai demain des nouvelles à Pascaline de cette femme et du bébé et je vous tiendrai au courant.


                   

Nous partons sous le choc pour aller à Mamba où le centre est métamorphosé. Les travaux ont bien avancé et le matériel est livré par Modeste. Il manque notre table d’examen qui est bloquée entre Pointe Noire le port et Brazzaville. Modeste nous les promet pour lundi. La table d’accouchement est en cours de montage.
Le système de récupération d’eau par la gouttière du toit est en voie de récupération. Tout avance vite et Pascal règle les derniers chantiers à venir.
Alex nous suit imperturbablement, cet acteur de santé publique très pragmatique avec ses indicateurs et sa supervision  veut que l’ouverture de ce centre soit une réussite. Il veille à ce que tout se passe bien et surtout que nous ne soyons pas en difficulté avec les autres. C’est la tête pensante et visionnaire du district, quel gâchis qu’il soit bientôt à la retraite.

1/2

Nous quittons Christèle pour aller voir la famille de Xavier qui habite à 200 mètres de Mamba. Nous retrouvons angélique Malonga la grande sœur de Xavier, notre congolais métropolitain qui vient généreusement nous aider lors des bourses aux livres. Nous passons un petit moment avec elle.
Nous allons à la mandarine avec Christian, boire une bière « la Starck » fabriquée à Pointe Noire avec de l’eau de mer (atlantique) donc très salée qui vous donne rapidement très soif. (Bonne pioche marketing)
 

                Le temps passe et le ciel se couvre, nous passons de 36° à 26°, et je dois dire que nous avons presque froid, pas à mettre un pull mais au moins un pantalon. Incroyable la planète ne va vraiment pas bien, vous vous avez de la neige et ici la saison des pluies se résume à des orages très menaçants avec une pluie fine qui ne dure pas. Le fleuve Congo est bas cette année et je ne vois pas beaucoup de navigation dessus.


                Je vous laisse car après avoir mangé hier soir un poulet tiki massala indien (très Spicy) avec ses effets digestifs que vous pouvez imaginer, nous allons manger une pizza congolaise avec notre acolyte Christian.
                    

                             Très bon appétit à vous tous
 

            Philippe et Pascal