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la réunion au dispensaire de Tenrikyo et le p'tit jus!!!

N'hésitez  pas à effectuer double-clic sur les photos pour voir les légendes

VOYAGE AU CONGO 2018

acheminement des colis à Orly

Les colis sont arrivés à Orly fin octobre et ils partiront pour Brazzaville avec Aviation Sans Frontières le 6 ou le 7 novembre.

 

JOUR J : VENDREDI 9 NOVEMBRE

                   Un petit m pour vous dire ce soir que nous sommes bien arrivés au Congo.

            Comme vous le verrez sur les photos le plus dur a été de « trimbaler » nos 100 kg de bagages à travers l’aéroport de Roissy, dans les méandres des ascenseurs et des escalators.

 

            Le voyage s’est bien passé dans un avion d’AF avec peu de passagers.À Brazzaville, les formalités se sont déroulées avec une vraie fluidité, les douaniers nous reconnaissant désormais.

            Mais le petit couac a été l’attente désespérée de la valise de Pascal au tapis qui est restée à Roissy. Le comptoir bagage était au courant et la valise va être acheminée dans le prochain vol, par chance celui-ci est samedi (il y a 4 vols hebdomadaires) !! Nous irons la récupérer demain à l’arrivée de l’avion.

            Sinon, il fait très lourd et chaud, et nous apprenons que la SNE (EDF congolaise) procède à des délestages d’électricité pour améliorer le réseau. Pour nous : coupures d’électricité et d’eau mais… nous vous raconterons tout ça.

Ce soir un ananas pour nous deux au dîner et dodo ........et demain l’aventure commence.

  Le 09/11/18                          Philippe et Pascal 

J 1 :SAMEDI 10 NOVEMBRE

 

                  Sous une chaleur torride, nous partons vers le marché du plateau, ce matin de bonne heure car sous l’hémisphère sud, nos organismes ne sont pas encore « tropicalisés ».

 

                 Nous avons bien dormi et sommes stupéfaits de ne pas avoir été réveillés comme à l’habitude par les oiseaux, pintades, perroquets, grenouilles, crapauds et autres animaux du voisin. Il fait déjà lourd avec un soleil qui n’est pas au zénith, ça promet !!!

 

                   Nous prenons un taxi et nous constatons que l’état des routes s’est fortement dégradé. Il y a parfois des ravines dans la route où un enfant en cas de pluie pourrait se noyer.

 

                     Nous allons au plateau pour commencer à chiner notre marché de NOËL. Les artisans sont ravis de nous revoir et nous nous retrouvons exposés en photo à chaque stand.

L'an dernier, nous leur avions donné des photos et elles sont là, questionnant depuis un an sur l’identité de ces blancs qui posent avec tous les vendeurs.

Nous ne sommes pas optimistes car les étals sont ceux que nous avions laissés l’an dernier, sans grandes nouveautés ; Les affaires sont dures depuis un an dans ce petit marché.

 

                      Nous les quittons après ce premier repérage et partons au premier dispensaire de TERRENKYO. Pascaline ayant des soucis de santé, elle ne sera là que lundi. Nous retrouvons un personnel joyeux de notre arrivée. Nous sommes ravis de revoir notre table d’accouchement qui a permis entre 80 et 100 naissances par an.

                     Quelle réussite cet achat de l’an dernier et la création de la maternité a développé une activité de naissances dans un quartier populaire de BZV.

 

                       Les locaux sont propres mais la salle d’accouchement est exiguë. Nous proposerons lundi à la chef du CSI un switch avec le labo immense pour nous permettre de l’équiper d’une deuxième table afin de développer l’activité qui est récupératrice pour le centre. Bref c’est un vrai bonheur et une belle reconnaissance pour tous les membres et sympathisants de l’association.

 Le centre est plein ce matin d’enfants pour les vaccinations et nous repérons à l’arrière du bâtiment un emplacement pour y faire un potager. (Nous y reviendrons).

 

                Nous partons avec un autre taxi à Kinsoundi et traversons la ville qui en ce samedi est très vivante au niveau du grand marché TOTAL qui regorge de fruits de saison : ananas, mangues et papayes. Nous salivons car l’an dernier l'absence de pluie avait raréfié ces fruits qui poussent de partout.

                        

                          Nous arrivons à Kinsoudi où nous sommes accueillis par des chants et un youyou qui crée un attroupement dans la rue. Incroyable, ils nous attendent et ils sont tous en jardiniers.

                   Le jardin, que dis-je, le potager, est splendide, et vanté par tous les habitants du quartier. La revente des légumes amène un plus au centre, mais surtout les légumes sont donnés par le COSA au personnel pour remplir les assiettes. Quelle réussite!

                  

              Pourquoi tout le monde est là ? Parce qu’il a été récemment décrété que chaque fonctionnaire devait passer une journée par mois, un samedi, pour nettoyer et améliorer l’hygiène d’un lieu public. Vous imaginez une telle mesure dans notre belle métropole, je pense que non, je ne préfère pas y penser.

           

                        Je vous ferai prochainement un inventaire de tout ce qui y pousse, vous serez stupéfait. Nous retrouvons notre centre en plein fonctionnement, tout est ok.

 

                       Pas d’électricité pas d’eau, pas d’eau pas d’électricité. Ce message nous est rabâché sans cesse, vous comprenez que nos « électriciens sans frontières »  sont plus que désirés…Ils sont attendus avec beaucoup d’impatience. Ce délestage de 45 jours (10 heures de coupures à tout moment de la journée) est dû au fait que la SNE (souvenez-vous notre EDF) nettoie les turbines des barrages hydroélectriques du Congo (une première ?).Bref, nous subissons sans climatiseur ces baisses de courant.

 

                     Nous partons à la Mandarine, pâtisserie libanaise du centre ville qui est (c’est une première) vide, manger nos deux flans pour nous régénérer un peu. Nous retrouvons notre Christian égal à lui-même qui rentre du travail. En mangeant son SCHWARMA, il nous raconte les difficultés du quotidien.

Nous y reviendrons dans nos posts à venir.

                   Nous nous quittons car Christian part à l’aéroport retirer nos colis de messagerie qui étaient sur le tapis alors que nous attendions désespérément la valise Pascal.

                          Il semble que les douanes ne lui facilitent pas la tâche alors qu’il s’agit de dons humanitaires. Quant à nous, nous guettons l’arrivée de l’Airbus d’ AF, dont l’atterrissage va résonner sur toute la ville, pour aller récupérer ce bagage qui avait décidé de rester un jour de plus à Roissy…

                          Demain, j’enverrais les photos avec une légende. Nous allons manger ce soir un couscous en ville valeur sûre pour le transit.

Demain repos avant une grosse semaine et de nouvelles aventures.

 

                        Le 10/11/18             Philippe et Pascal

J 2 :BRAZZAVILLE – Dimanche 11 novembre 2018

 

         Ce dimanche, il fait une chaleur sèche de folie avec un soleil de plomb qui d’emblée brûle la peau. Nous nous reposons car dans ce petit pays essentiellement catholique le jour du seigneur est sacré.

 

             Nous partons dans la matinée faire un petit tour dans le centre ville à pied. La ville est déserte ce qui est inhabituel et nous allons donc faire un petit tour au Géant Casino qui semble lui, être vivant. C’est une supérette où nous trouvons une Fnac (ne rêvez pas les livres ont une année de retard), un go sport et des magasins de « nippes ».

 

                 Pourquoi cette visite? Parce que la valise de Pascal attendue hier soir dans l’avion et confirmée par texto n’est, en fait, jamais partie de Roissy.

                Nous sommes allés hier à Maya Maya, l’aéroport construit par les chinois qui ressemble à un bout de l’aérogare T2 de Roissy à l’arrivée du Vol AF. Pascal a été autorisé seul à retourner au tapis, et après une longue attente, il sort déconfit. Nous ne pouvons pas exprimer notre colère, le service bagage précise que la valise n’est pas partie et d’autres passagers sont dans la même situation. Il faut dire que c’est un vol direct sans correspondance et que l’avion à moitié vide ne doit pas avoir ses soutes pleines. Sans doute, un responsable des bagages perdus de Roissy a jugé samedi de la mettre dans l’avion de lundi.

Mais quel cinéma ces textos reçus toute la journée........bref !

 

                    Nous sommes à Casino où Pascal achète quelques produits que je n’ai pas. Nous trouvons toute la nourriture importée qui est très chère et les rayons sont essentiellement arpentés par les expatriés.

Nous retrouvons notre Christian Loko (habillé en pyjama comme vous le verrez sur la photo) à la Mandarine pour planifier un peu la semaine, il mange un SCHWARMA accompagné d’une Tiger, la bière en vogue dans le pays.

                    Il rame un peu car il travaille en dehors de la ville, se lève à 5 heures du matin pour finir à 18 heures le soir. Il est papa d’un petit Pascal et depuis 11 mois d’un petit Philippe.......bizarre! Christian n’est jamais démoralisé et veille sur notre confort et notre sécurité. Il passe le relais à Karl notre chauffeur qui lui fait des rapports en son absence. Bref, nous sommes toujours dans de bonnes mains car les moundélés (« les blancs ») ne sont pas nombreux à Brazzaville.

 

                   Nous achetons sur le chemin un régime de petites bananes tropicales, un vrai délice sucré à vous dégoûter de nos bananes importées des Antilles. Les fruits sont magnifiques et viennent de BOKO, un plateau avec un micro climat au sud du pays. On me dit que c’est la période des corossols , des bananes et que les ananas commencent à mûrir . Les mangues Alphonse ne sont pas assez mûres. Nous petit-déjeunons de fruits frais le matin, quel bonheur !

 

                       Cette année les coupures de courant sont très fréquentes et très longues. Je me dépêche de vous écrire ce soir car l’orage tropical gronde depuis Kinshasa. Nous nous sommes fait dévorer par les fourous, petits insectes gros comme une pointe d’aiguille mais qui nous sucent une goutte de sang pour que nous l’écrasions sur la peau et qu’elles libèrent leur venin toxique. Ce venin est très prurigineux et crée une cloque rouge sur une zone du corps. Les gens qui se font piquer de façon chronique dans les villages peuvent présenter une cécité visuelle (rassurez-vous sur de nombreuses années…).

 

Voila c’était la page santé du post…

 

Je vous retrouve demain pour le vrai début du séjour.

 

Philippe et Pascal

J 3 :BRAZZAVILLE -  lundi 12 novembre 2018

                                           Ce matin nous recevons un coup de fil de Karl qui nous annonce que la pénurie d’essence l’empêche de venir nous transporter. C’est incroyable mais il y a des queues terribles aux stations, nous partons donc avec un taxi à TERRENKYO.

                                          Nous y sommes accueillis par Carmel, médecin diretrice de l’hôpital de Bascongo. Toujours très empathique avec nous et très disponible.

                                          Ida, la nouvelle responsable du district toujours en train de rire et Anicet le futur directeur, ancien gynécologue de 61 ans que nous décontracterons très vite.

                                          Alex, le logisticien et épidémiologiste responsable des indicateurs de sante publique (en clair, dépistage de maladies, par exemple, vaccin de la rougeole chez les enfants pour éviter une épidémie) très flegmatique.

                                         Pascaline, la chef de centre de TERRENKYO très positive et tenant d’une main de maître ce dispensaire qui fait, grâce à notre installation de l’année dernière, 120 accouchements par mois.  Plus d’accouchements que l’hôpital de proximité.

                                         Et  Roger le chauffeur, très discret, mais qui, avec discernement met tout le monde à l’aise.

 

                                        Nous faisons le tour du propriétaire et décidons de faire un nouveau bloc d’accouchement et ainsi de doubler la capacité en achetant une nouvelle table, des boites d’accouchements, un baby Doppler et du matériel pour adapter la salle. Tout le monde est enthousiaste et Pascal fera les devis demain pour que  les travaux démarrer vite.

                                        C’est un beau challenge, et nous allons aussi élaborer des procédures d’hygiène de matériel et d’utilisation de l’espace à la française pour améliorer le fonctionnement. C’est un peu ambitieux mais nous allons suggérer ces procédures pour qu’elles soient au maximum « congolisées ».

                                         Un emplacement pour le jardin est déjà repéré devant le succès du potager de Kinsoundi.

Karmel tient à nous faire visiter son hôpital de Bas Congo, un quartier très populaire où l’hôpital est vraiment très modeste et dans un triste état.

Nous visitons tous les services en «  guest stars ». C’est incroyable de constater que tout le personnel médecin et paramédicaux est bien là mais que les machines (laboratoire biologique, matériel de réanimation) sont en panne. Il n’y a  aucune maintenance au Congo, elles ne peuvent donc être remises en fonctionnement, paralysant ainsi l’activité du service. 

 

                                       L’hôpital est vraiment dans un triste état. Alex nous demande d’aller voir un troisième dispensaire au fin fond de Brazzaville au bord du Djoue. Nous partons avec le 4X4 sur des routes sinueuses, démolies par la pluie que nous avons eu toute la nuit, précipitations sans doute supérieures en une nuit à celles que nous avons eu depuis le début de l’année en France.

                                        Alex me demande de participer à une journée de dépistage populaire du paludisme et à une journée de dépistage auprès de la population de l’hypertension artérielle.

 Des annonces vont être faites par mégaphone dans le quartier (vous savez, un peu comme les voitures annonçant les cirques dans les villages… !),  et aussi dans les offices religieux. Même si je suis ravi, j’espère qu’il n’y aura pas une foule extrême pour ces deux journées qui vont commencer très tôt le matin.

 

                                      Les arbres regorgent de fruits dans ce quartier très populaire où les maisons sont noyées par l’eau de pluie qui, avec le soleil, va s’évaporer (vous pouvez imaginer le réseau électrique quasi inexistant dans ces mares d’eau).

 Bref, nous arrivons dans ce petit dispensaire très éloigné de tout car Alex souhaiterait y créer au moins une possibilité pour accoucher,  compte tenu de l’éloignement.

 

                                  Nous priorisons TERRENKYO cette année, mais les difficultés conjoncturelles du pays rendent toutes les situations critiques très perturbantes car un accouchement compliqué dans ce quartier est rapidement très risqué pour la maman et le bébé.

 

                                  Nous partons à KINSOUNDI voir « notre bébé » comme ils disent et nous réunissons dans le bureau de Patrice, le chef.

Nous offrons des jus (souvenez vous des petits sodas très chimiques, très sucrés, appelés pulpe) mais qui vous régénère en très peu de temps avec une banane d’un régime du quartier.

Pas grand chose à faire, ici le dispensaire a tout et fonctionne à la perfection.

 

                                     Les électriciens sans frontières sont attendus comme le messie et le mot est faible.

 

                                     J' arrête le post pour vous dire que nous revenons pour la troisième fois de l’aéroport et que LA VALISE DE PASCAL EST ARRIVÉE CE SOIR! Le fromage est là et après le parcours du combattant (agence Air France, service bagage douane, réclamation, assurance, chef d’escale,…) la valise est là ........yes !!!

 

                                    Je reprends le déroulé de la journée, après nos jus et une visite du dispensaire, nos amis nous laissent à la COMATEG, l’endroit où nous achetons le matériel médical.

 Le chef du bureau Claude est en France et nous avons un peu les coudées franches.  Pascal négocie dur avec la secrétaire MASSOLO qui, quand elle ne répond pas aux questions, se voit répondre par ses collègues : mais « CAUSEZ MASSOLO CAUSEZ » ! donnant un théâtralisme assez drôle et MASSOLO est toujours muette !!!

                                   Bref nous y repasserons demain pour négocier un peu plus. Nous prenons un taxi pour aller vers le centre ville, les files d’attente aux pompes à essence sont impressionnantes.

Faute d’entretien, les « bolorettes » sont rares et les éclairages solaires manquent aussi de maintenance.

 

                                  Le pays vit un moment difficile car le FMI ne veut pas annuler la dette. En clair, le business est paralysé en attente de cette décision. Le pays d'en face ,de l'autre côté du fleuve va élire dans un moisson Président de la République (ex Zaïre ou Congo Belge).

Malgré tout, les chinois poursuivent leur colonisation de chantier même s’ il semble qu’ils soient moins nombreux que par le passé. Mais les congolais nous disent qu’ils sont beaucoup à l’extérieur de BZV…

 

                                 Nous remontons la corniche, cette route le long du fleuve magnifique est déserte, elle cache le débit complètement délirant de ce cours d’eau gorgé des pluies tropicales et des orages, drainant d’énormes troncs d’arbres.

Les pirogues sont malmenées et ne doivent pas faire de fausses manœuvres risquant d’être amenées aux cataractes qui sont d’énormes rapides d’eau à la sortie de Brazzaville. Le fleuve se rétrécit énormément sur une courte distance, et  vous imaginez les rapides .... !!!.Mieux vaut maîtriser sa pirogue et naviguer le long du fleuve où le courant est moins fort.

Nous partons donc en fin de journée à Maya Maya (pas l’abeille mais l’aéroport) à l arrivée de notre avion AF.

Quelle fierté de voir le drapeau français sur l’aile de l’Airbus mais quelle pagaille à l’aéroport...

 

                                Pascal étant parti seul au tapis, j’attends à l’arrivée avec notre chauffeur Jagger (pas Mike).

Je suis le seul « Moundélés » (blanc) et observé avec attention par tous.

 Je me mêle à la foule et souvent les congolais viennent en masse chercher un membre de leur famille. Quelle fierté de récupérer un membre de la famille qui vit en France et qui revient après trois ans d’absence, j’ assiste à des scènes de liesses, de pleurs et de cris, d’amour avec des photos, un film pour immortaliser ces retrouvailles.  

                                J’avoue être touché par ces scènes,  spectateur partageant involontairement cette joie et pris aussi à témoin. Au fond, ces expatriés qui rentrent au pays sont attendus comme des messies.

                                Ils sont engloutis par leur famille qui les enserre, les touche et pleure de joie.

Quel bonheur ce hall d’arrivée ! Soudain, avec Jagger, après un long moment, nous voyons un blanc arrivé avec sa valise noire, avec le visage lumineux, soulagé ......PASCAL.

A demain

Philippe et Pascal 

 

J 4 :BRAZZAVILLE - MARDI 13 NOVEMBRE 2018

 

                        Les choses sont sérieuses en ce mardi et dès que nous arrivons à TERRENKYO, nous sommes absorbés par Alex qui veut planifier notre venue sur la semaine.

 

                        Nous sommes donc dans le bureau de Pascaline avec toute l’équipe ainsi que le  docteur Kamal. C’est le jeune médecin de l’équipe très dynamique que j’essaie de débaucher désespérément pour venir travailler dans notre zone rurale à faible densité de médecins.


                        Pascal s’éclipse pour organiser les travaux avec Sirius, notre fidèle électricien très calme et toujours en quête de solutions pour sauver les réseaux électriques en fin de vie, Oscar le peintre et Anicet le maçon fraîchement recruté.

 

                      Pascaline mène le débat et, à défaut d’informatique, comme vous le verrez sur la pièce jointe tout est dit, qui fait quoi? Quand ?

 

                      Les membres du Cosa sont présents mais inexistants. Le président est aussi président du tribunal ancestral qui règle les conflits entre les individus, un peu comme un médiateur.

Nous validons le projet de doubler le bloc obstétrical et nous leur expliquons que passer à 200 accouchements par mois nécessite d’augmenter les capacités des locaux et de changer les habitudes.

 

                       Les sages-femmes ont du mal à le comprendre et nous assistons dans le couloir à des échanges très directs entre eux, le mot de la fin d’Alex étant de dire que de toute façon c’est le médecin chef qui décide. 

 

                       Après voir bu un petit jus vers midi, nous rencontrons notre jardinier de KINSOUNDI qui va se partager et venir démarrer ici un potager. Ce jeune est très doué et à l’amour de la terre. Il est motivé et nous lui donnerons les graines que nous avons ramenées.

 

                         Les travaux sont lancés et nous allons chez Claude renégocier les achats médicaux,  (Table d’accouchement, baby Doppler, surfanios = liquide de désinfection, tensiomètre,

boites d’instruments pour les accouchements, paravent, lampe gynécologique). Le gérant, Claude, étant en France et vu l’absence d’internet, la négociation par intermédiaire n’est pas simple, nous devons conclure demain…

 

                        Nous partons alors au plateau, le petit marché d’artisans était vide de Tintins la dernière fois, nous devons motiver les artisans pour en trouver. Les affaires sont moroses, et nous essayons de dénicher des objets pour le marché de Noël. Rien n’est simple car les vendeurs sont tiraillés entre le fait de vouloir augmenter les prix, n’ayant pas d’acheteurs, mais aussi de les baisser n’ayant pas d’argent pour vivre.Bref, la vie est difficile.

 

                      Karl m’apprend que le taxi est en panne car pour nous transporter « il a commis une maladresse» comme il dit. La pénurie à la pompe l’a conduit à acheter de l’essence à des truands appelés ici « des Kadhafi » qui vendent des mélanges pétrole/essence qui mettent les voitures en panne ! Quelle galère…

 

                     Par chance Roger du CSI va nous véhiculer un peu avec son gros 4X4 et nous prendrons les rares taxis qui roulent faisant toujours de belles rencontres. 

 

                     Il fait très chaud, demain nous allons tâcher de voir Sœur Virginie à l’orphelinat si nous trouvons un taxi car elle habite au nord et au bout de la ville. 

 

Merci pour votre lecture.

Philippe et Pascal

J 5 :BRAZZAVILLE - MERCREDI 14 NOVEMBRE 2018

 

                             Ce matin il pleut, c’est un peu l’hiver ici, quand il pleut.......il fait froid, 25 degrés, nous marchons dans une mare perpétuelle et, comme vous le verrez, les taxis jonglent avec les trous et les passages à gués.

Un jour de pluie est comme un jour d’arrêt de travail, les congolais restent chez eux et ne travaillent pas (quelle chance!).

                              En revanche quand le soleil est au zénith à midi, vous êtes dans un sauna naturel avec une hygrométrie à 80 %, donc vous êtes les pieds dans l’eau et trempé de sueur de la tête aux pieds. Imaginez le contexte, nous limitons les dégâts en nous baladant en short, vêtement non coutumier des congolais et qui attire l’attention dans la rue.
 

                               Bref nous partons avec Roger, le chauffeur du CSI qui veille sur nous, à TERRENKYO. Les gros travaux ont commencé comme vous le verrez sur les photos, maçons, électriciens, menuisiers et jardiniers œuvrent sous l’impulsion de Pascal. Le nouveau bloc va ainsi naître et permettre de doubler la capacité des accouchements. 

Nous mettons en place les procédures de stérilisation avec les sages-femmes et je me rends compte qu’elles font la manipulation parfaitement bien.

 

                                Nous nous réunissons avec Alex pour deux actions de santé primaire. Celles-ci visent à anticiper le risque de maladie avant la maladie. Pour attirer la population du quartier, Alex recrute des crieurs dans un mégaphone pour les informer du dépistage ainsi que prévenir le public lors  des offices religieux.

Je me prête au jeu du mégaphone, ici les radios locales  n’existent pas et j’alpague donc les passants :

« Papa, maman, âgés de plus de trente ans venez à TERRENKYO, TERRENKYO, pour un dépistage de l’hypertension ».

Ce dépistage dure 4 jours et démarre à 7 heures du matin. Nous sommes donc réquisitionnés par Alex. 

                             L’autre action consiste à faire venir les enfants pour les vermifuger, vérifier les vaccins et les vacciner si besoin. Je suis ok mais à condition d’être dans le bureau de Pascaline qui est climatisé.

Nous allons voir beaucoup, beaucoup de monde et le bouche à oreilles de la présence des moundélés va booster les indicateurs épidémiologiques d’Alex.

                            

                             Nous partons en taxi à KINSOUNDI avec Alex où nous voyons le COSA et Patrice, le chef de centre.

Ici tout va très bien, à part une ampoule grillée et une panne des microscopes que nous mettrons en révision.

KINSOUNDI est un vrai modèle de dispensaire depuis 10 ans avec le soutien de l’association. 

                         Le COSA est dynamique, notre fidèle Marcel est ravi et c’est un gestionnaire hors norme du dispensaire et du potager.

Nous rencontrons Elisabeth, habillée en blouse sullyloise, elle abat un énorme travail de consultations et il faudra 3 personnes pour la remplacer en avril 2019, jour de sa retraite, retraite qu’elle appréhende terriblement. 

Babeth est grand-mère mais semble préférer de loin son travail au dispensaire où elle donne beaucoup d’elle-même. 

 

                         Nous quittons le dispensaire et retournons à la COMATEG, le fief de Claude, pour finaliser l’achat du matériel médical du bloc qui sera livré vendredi.

Puis nous retrouvons nos deux comparses Karl et Christian, qui ont passé la matinée à retirer les dix derniers colis à l’aéroport mais ce coup-ci sans payer grâce à l’intervention d’Aviation Sans Frontières.

Les dons humanitaires sont exempts de droits douaniers mais les choses sont compliquées en ce moment sur place.

 

                        Karl, notre fidèle chauffeur, n’a pas sa « bolorette » mais un taxi qui broute, (le mot est faible), qui cale en permanence car il y a de l’air dans les tuyaux suite à l’utilisation de l’essence des « kadhafis ».

Nous sommes broyés, contusionnés par ces à-coups permanents mais la bonne humeur de Christian nous les fait oublier...........Christian est toujours un peu naïf avec nous mais tellement protecteur que c’est vraiment un délice d être avec lui. 

 

                        Nous allons donc chez Sœur Virginie voir les enfants qui sont devenus brillants dans leurs études.                                                                       Je donnerai samedi les livres de droit de Manon, car Sœur Virginie fait du droit et elle est ravie d’avoir ces livres qui, ici, ont tant de valeurs.

 Nous reviendrons samedi avec les vêtements et des bonbons voir les enfants. 

Nous retrouvons Sœur Virginie dans l’école catholique, elle est rayonnante comme d’habitude et nous donne les dernières nouvelles de l’Evêché. Tous les élèves de l’orphelinat sont bacheliers.

 

                      Nous prenons nos deux acolytes et partons à la Mandarine, ils absorbent leur SCHWARMA. Leur compagnie est vraiment sympa, l’amitié est vraiment sincère.  

 

                      Nous rentrons à l’hôtel, il est 18 heures et le temps a filé. Il fait toujours froid ce soir avec 26 degrés, Christian envisage de mettre un pull, c’est vous dire le décalage avec nous mais nous sommes de l’hémisphère nord ! 

 

                      Ma mère est étonnée ce soir au téléphone que je ne fasse pas de fautes (eh oui c’est connu je fais des fautes d’orthographe) mais c’est sans compter les relectures et corrections faites par Dany et Valérie qui publient les posts tous les soirs, je tiens vraiment à les remercier. 

 

                      D’autre part la qualité des photos est aléatoire. Souvent prise par nos amis congolais, ils photographient tout azimut, les objets, eux-mêmes, les copains, de nouveau les objets puis un nouveau portrait d’eux-mêmes parfois et rarement nous, mais en déréglant l appareil.......bref les photos sont floues mais c’est vu par le prisme congolais .........et en immersion complète. 

 

Philippe et Pascal 

 

visite de l'hôpital de Bas Congo

J 6 :BRAZZAVILE - JEUDI 15 NOVEMBRE 2018

 

                            Cette nuit les animaux se sont réveillés à 5 heures, et ce matin, après une nuit courte, nous partons sous une chaleur accablante avec Roger pour suivre l’avancement des travaux du bloc obstétrical. La livraison du matériel a lieu vendredi et l’inauguration devrait se faire avant notre départ.

                            Le dispensaire de TERRENKYO est vital pour les 18000 personnes du quartier souvent très défavorisées avec très peu de moyens pour se soigner. Roger file droit avec son 4X4, il y a peu de bouchons avec la pénurie d’essence dans ce petit pays producteur de pétrole raffiné par notre compagnie TOTAL.

                           L’essence est offshore au large de pointe noire, capitale économique du Congo et très enviée des chinois et des américains qui n’ont pas la main mise historiquement sur l’extraction et le raffinage. Elle est acheminée normalement par le chemin de fer jusqu’à Brazzaville à travers une magnifique forêt primaire qui s’appelle le Mayombe. La ligne a été construite par des congolais et des ouvriers d’Indochine lors de la période française du pays.

                        Cette ligne étant coupée depuis plus d'un an (mais elle doit rouvrir prochainement). Le transport est obligé de se faire par une route chaotique traversant la forêt et qui, selon la météo et les conditions du moment, est plus ou moins praticable, obligeant à des rationnements.

Bref, rien n’est simple, et les brazzavillois subissent les pénuries car le transport du fret par avion a un coût excessif.

 

                         Pascal finalise les travaux, cette année les artisans sont excellents et motivés. 

Le dispensaire est plein de consultants ce matin, deux accouchements sont en cours, les salles de vaccination regorgent de petits patients en attente avec des mamans un peu anxieuses. Pascal démarre la distribution des petits bonnets et des chaussons tricotés depuis un an par l’EPAHD de Sully, sous l’impulsion de Jacqueline Lemelin et de Jeannine Rousselet. La morphologie des petits africains est souvent double, en taille, par rapport à celle des bébés métropolitains.

                         Les enfants plus grands, et souvent plus malades, ont droit à un carambar distribué par Pascal qui fait aussi le bonheur des adultes(attention aux plombages), je ne vous raconte pas ici les soins dentaires.....

Bref, tout le monde se prépare pour demain, grande journée de santé publique, et nous appréhendons aussi la réussite de la journée…

                     

                            Nous partons à KiNSOUNDI pour retrouver notre « bébé » qui se porte bien. Nous distribuons les boîtes d'accouchement et Pascal supervise quelques travaux électriques (remplacement de lampes). La distribution des boites d'accouchement et des pinces à col, rondes pour empêcher les hémorragies, est un vrai plus pour le renouvellement du matériel actuel stérilisé depuis un siècle au moins !!!

                            Nous commençons la distribution des colis médicaux, mais nous le ferons surtout lundi avec Kamel.

                            Je suis épuisé, hypotendu, apathique et nous décidons d'aller nous rafraîchir à la Mandarine et manger des congolais (petits gâteaux à la noix de coco) avant de partir au marché du plateau pour achalander notre marché de NOËL.

L’offre est différente cette année comme vous le verrez lorsque vous viendrez nous voir les 15 et 16 décembre au marché de Noël à Saint Benoit sur Loire, le sujet Tintin notamment sera différent…

                         Bref, nous y restons deux heures sous les tôles métalliques avec deux de tension à négocier les prix. Il cède sur le prix mais que la négociation est longue, mon dieu !

 Nous retrouvons ZOLA, souvenez-vous notre ancien peintre qui fera notre porteur moyennant une petite contribution. Il est heureux comme tout.

Nous rentrons avec nos objets.

Que mangerons-nous ce soir ? :

                      Après un poulet Tiki Massala, spécialité indienne extrêmement épicée (sur le coup c’est épouvantable mais au final nous ne serons pas malades et avec des intestins tout propres) hier soir, une pizza et ce soir, chinois......congolais ou thaï ? Sans doute des pâtes pour avoir un peu plus

d’énergie demain........

 

                        Une semaine d’écoulée, ici le temps passe deux fois plus vite. Nous ne nous sommes pas connecté de la journée, quel bonheur de ne pas avoir internet, nous apprécions deux fois plus la temporalité rythmée par le soleil sans regarder la montre .......La pluie  la nuit et le cagna le jour.

                      Mais comme dit Christian "vous, les blancs, vous nous avez tout déréglé"  tout est devenu excessif ici : la météo, l'économie, la nature.......la faute à qui ? Je vous laisse méditer.

M bote et à demain

Philippe et Pascal 

 

J 7 :BRAZZAVILE - VENDREDI 16 NOVEMBRE 2018

SANTE PRIMAIRE

                          Ce matin, nous nous levons aux aurores pour être présents dès 8 heures à la journée de dépistage de l’ HTA et des infections de l’enfant à TERRENKYO. Les crieurs ont œuvré toute la nuit  et il y a une tente extérieure avec déjà des files d’attente. 

                          Les familles font venir les anciens des villages pour ce dépistage qui permet l'obtention d’un traitement gratuit mais surtout d'avoir des indicateurs de morbidités. L’origine de la mort, ici, n’est souvent pas identifiée, les gens des villages ne se savent pas malades.

La première dame très âgée que je vois, et qui communique en dialecte lingala, a 23 de tension et explique qu'elle a de violents maux de tête qu'elle fait évacuer depuis de nombreuses années par le guérisseur, le marabout et le sorcier. Comme quoi la médecine ancestrale conserve le corps mais,  malheureusement, le corps finit par lâcher prise.

                        

                          Bref, nous auscultons, prenons la tension avec le Dr Kamal Rauchelvie (son prénom) de toutes les personnes qui se présentent, policiers, religieuses, mamans, papas, …Avec une certaine décontraction pour essayer de rassurer tout le monde de la présence de ce blanc en short !

Pour les enfants, une vérification des vaccins et un dépistage du paludisme se fait avant 6 ans. 

                        Il y a foule et Alex, l’organisateur, est ravi. Pendant ce temps, Pascal fait les préparatifs pour la fin des travaux du bloc accouchement avec les ouvriers. Comme vous le verrez sur les photos, la pièce en blanc « en jette » et il ne manque plus que les deux tables et un aménagement pour avoir un bloc de compétition.

                       Carmel nous rejoint, elle est directrice de l'hôpital de Bas Congo qu’elle a récupéré dans un triste état. Petit à petit, elle remonte la structure avec les moyens du bord. Elle sera présente lundi pour l’inauguration à TENRIKYO. Elle se bat tous les jours pour retenir les médecins, faire venir les patients et trouver de l’argent pour retaper l’hôpital. 

                       Quel personnage ! Avec beaucoup d’humilité, et malgré son statut, elle salue tout le monde, patients et personnel, et a une parole gentille en permanence.

                        Roger amène Pascal à KINSOUNDI pour finaliser les travaux électriques d’entretien et distribuer du matériel médical (tensiomètre, pince à col, appareil à dextro). 

Teddy, notre jardinier, a préparé le terrain pour semer les graines du potager avant notre départ. 

Il fait des miracles et semble avoir la main verte dans ce lopin de terre sans vie. 

Nous quittons donc TERRENKYO en début d'après-midi, éreintés par la chaleur et par la journée de travail, vidés mais heureux de voir que la popularité de ce centre, grâce à l’association, est en pleine expansion.

 

                        Nous décidons d'aller rendre visite à la famille de Xavier, notre fidèle adhérent de l'association qui travaille à la laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel, fidèle sponsor. 

Nous rencontrons sa sœur Angélique, 78 ans, ancienne sage femme retraitée qui mène d’une main de maître (de maîtresse…) ses trois enfants et petits enfants.

Elle est heureuse de nous voir même si nous avons galéré pour trouver la maison, Karl n’étant pas avec nous.

Nous passons un petit moment avec elle et,  en milieu d'après-midi, partons avec un nouveau taxi. 

 

                      Nous nous faisons arrêter en cours de route pour une petite infraction...Les policiers prennent les papiers et le "taxi man" doit aller les récupérer au poste de police et payer l’amende.

Petit stop à la Mandarine où nous tentons une glace… RAS car, à 18 heures, pas d'accélération du transit pour nous deux…

 

                     Nous rentrons à l’hôtel car, demain, nous devons à nouveau nous lever très tôt. C’est le baptême de Philippe, le petit garçon de 11 mois de Christian Loko. Il m’a demandé d’être le parrain et à Véronique ( la femme de Pascal), d’être la marraine. Elle sera représentée par Pascal. 

Nous vous raconterons la cérémonie et aussi la petite réception après. Nous devons y être à 8h.45 (grrr !!!) pour préparer la cérémonie.

 

Philippe et Pascal 

1/2

J 8:BRAZZAVILE - SAMEDI 17 NOVEMBRE 2018

 

 

                              C’est le grand jour, ce matin nouveau lever très matinal pour aller baptiser le petit Philippe LOKO. 

Karl passe nous prendre très tôt et nous partons à l’église Notre Dame du Rosaire dans le quartier Bas Congo très populaire de BZV. 

Nous arrivons bien en avance, la maman est présente avec son aînée Macys, le deuxième garçon Pascal Loko et enfin Philippe Loko. 

Sa marraine, Véronique, n’étant pas présente, c’est Pascal qui la représentera. 

                         

                         Christian, stressé par la journée, arrive en retard et nous devons implorer le prêtre, qui est très dynamique, de patienter un peu. Quand il arrive, nous rentrons dans l’église pour nous assoir dans les premiers rangs et assister à la cérémonie congolaise en chantant et en  tapant dans les mains. Philippe est donc baptisé entre deux blancs qui l’interrogent beaucoup…

Il est vraiment très sage, et la famille fait bloc autour de nous, nous minant ce que l’on doit faire. Bref, nous sortons, ravis de cette cérémonie moderne qui donne envie, par la ferveur des religieux. 

Nous quittons donc l’église, regroupés tous dans des taxis (Six personnes dans le nôtre) et partons au domicile de Christian qui vit au cœur du plus grand marché d’Afrique Centrale. 

            

                            Karl nous arrête en premier le long d’un profond caniveau que nous enjambons avant de nous retrouver dans les étals. 

Un peu perdus, nous ne reconnaissons pas la maison et rentrons chez le voisin tous les 6, la famille, bien que surprise, nous ouvre la porte et, là, nous attendons le reste de la famille qui n’arrive pas. 

C’est un vrai gag, les gens n’osent pas nous dire que l’on s’est trompé, ils ne sont pas bavards et nous voyons bien qu’il y a un problème. 

 

                           Arrivant enfin chez Christian, il est dix heures du matin et il nous installe dans une petite pièce. Une petite collation est offerte aux enfants et à nous-mêmes. 

Les enfants sont heureux de ce moment partagé et Christian, stressé jusque là, commence à se décontracter.

Nous les quittons sous une température d'enfer, le record depuis le début du séjour. 

Le soleil brûle « mon toit ouvrant » comme disent les congolais (mon crâne). 

 

                         Nous arrivons à TERRENKYO où il y a un monde fou pour le dépistage. 

Le Dr Kamal est heureux car il a dépisté une vingtaine de patients. Nous installons le bloc obstétrical et déménageons les pièces sous l’égide d'Alex. 

Pascaline, chef de centre, est un peu dépassée par les changements mais elle avance tête en avant devant cette révolution. Le personnel est, lui, très heureux devant l’amélioration des conditions de travail.

                       

                           Nous quittons le dispensaire pour aller de l’autre côté de la ville, au nord, rendre visite à sœur Virginie. 

La ville est en effervescence car, demain, les diables rouges (équipe de football du Congo, pas celle de la Belgique...) affronte l’équipe de la République démocratique du Congo, un peu le grand frère ennemi. 

Les esprits parfois s’échauffent dans ce type de rencontre et les supporters commencent à s’activer.

On sent que les gens sont encadrés par les forces de l’ordre et, demain, nous resterons intra-muros.

 

                         Nous arrivons chez Sœur Virginie après avoir acheté pas mal de victuailles pour faire un goûter aux enfants qui sont heureux et toujours aussi polis. 

Elle est rayonnante, "notre" directrice de l’école catholique et s’attend, au bout de ses trois ans, à être changée de place par l’évêché, ce qu'elle regrette. 

Après quelques photos, nous la quittons pour aller à Poto Poto acheter de beaux pagnes dans les magasins maliens pour nos manifestations à Bray en Val. 

 

                      Le soleil commence à baisser et il fait sombre à 17h.30. Nous rentrons donc car nous sommes épuisés. 

Par chance, la chaleur va baisser et nous rêvons de pluie pour se rafraîchir. 

Nous faisons un stop à la Mandarine car nous avons donné un RDV aux peintres (Oscar et son frère) pour finaliser un devis de peinture de TERRENKYO. 

Nous leur offrons une viennoiserie, et nous nous retapons avec un flan avant de rentrer…

Quelle belle journée une fois de plus ! 

                      

                          Demain, grand repos avant les derniers jours car nous sommes épuisés !  

Ce soir, nous irons manger dans un restaurant congolais, je vous raconterai demain. 

Bon dimanche à tous 

Philippe et pascal